Paquay JM FondRougeJean Marie,

Durant plus de 30 ans, Jean-Marie c’est engagé et a mené des combats au sein du MOC Brabant wallon.

Ce qui frappe d’abord c’est la justesse, la pertinence et le caractère précurseur, visionnaire de la plupart de ses combats.

Dès la fin des années 1960, face à la grève corporatiste des médecins, il a lutté, avec la mutuelle, pour préserver un accès pour tous à la santé, accès à nouveau mis à mal aujourd’hui.

Avec l’Oasis, au milieu des années 1970, il était au cœur des enjeux de la migration que nos gouvernants gèrent tellement mal aujourd’hui.

Aux Sablières marchands, au balai libéré, aux tuileries d’Hennuyères, et ailleurs il a soutenu les projets de reconversion pour tous ces travailleurs qui perdaient leur emploi, ceci bien avant que l’on connaisse les procédures Renault.

Au début des années 1980, la prolongation de la scolarité risquait d’exclure plus encore de l’école les jeunes en difficulté. Soucieux de toujours renforcer l’enseignement technique et professionnel, il nous a entraînés dans la mise en place de l’enseignement en alternance : CEHR et puis CEFA, AID, Rappel, avec Lucienne, avec Mohamed et tous les autres…

Le logement public, était aussi pour lui un outil crucial pour lutter contre l’exclusion dans notre province « si riche ». Il a compris, bien avant d’autres, l’importance de tisser une relation forte avec les communes pour garantir la pérennité et le développement de la Société Notre Maison à laquelle nous participions.

L’international, était une autre passion qu’il aimait à partager. L’importance de développer des systèmes mutualistes dans un pays aussi pauvre qu’Haïti, peu de gens y croyait. L’importance de soutenir les mouvements sociaux comme en Pologne au moment de la chute du communisme, il l’a perçue bien avant d’autres.

Ces quelques exemples ne sont qu’une infime parcelle du vaste champ de batailles sociales de ce MOC du Brabant Wallon qu’il pilotait. Dans cette province qu’il sillonnait sans relâche du Nord au Sud et d’Est en Ouest, cette province qu’il connaissait mieux que n’importe qui.

Sous son impulsion, le MOC du Brabant Wallon a été un mouvement qui sans détour affirmait ses options à gauche et qui n’hésitait pas à accueillir ceux qui dans d’autres fédérations ou organisations du mouvement étaient mis à l’écart car trop revendicatifs.

Un MOC qui investissait délibérément dans l’Education populaire, vecteur essentiel pour lui de l’émancipation des masses. Malgré son agenda de fou, il adorait participer personnellement aux formations, aux délibérations de l’ISCO, à la FOPES, dans les formations syndicales, etc. Combien de ses adultes en formation n’a-t-il pas soutenu dans ce qui était souvent pour eux un véritable calvaire, la rédaction de leur mémoire de fin d’études.

Un MOC rassembleur des forces populaires où il était attentif et défendait avec la même vigueur la position de Vie Féminine, des Equipes populaires, de la JOC que celle des organisations plus puissantes qu’étaient la Mutuelle et le Syndicat.

Un MOC respectueux de la richesse et de la diversité de ses régions.

Un MOC enfin qui a assumé pleinement sa fonction de plateforme politique de ses organisations : en soutenant le MAP-GPTC, la création du SEP, et par ses interpellations constantes à l’adresse de tous les dirigeants politiques de la région : Oleffe, Plasman, Féaux, Langendries, Flahaut, Cheron, Michel, les députés, les bourgmestres, les échevins et tous les autres auprès de qui il plaidait la cause des plus faibles avec ténacité.

Dans toutes tes actions au MOC il en imposait non pas par des coups de gueule mais par sa force de conviction et par des qualités.

Tolérant, il était ouvert aux idées des autres.

Tenace, il défendait sans relâche les dossiers qui l’importaient.

Intolérant, à l’intolérance et à la contrevérité il avait le courage de ses opinions.

Fidèle, il défendait jusqu’au bout ses convictions.

Par son amabilité, sa gentillesse et son attention aux autres, il transformait toutes ces heures de militance et de travail en moments de partage. Raymond, Philippe, Maddy, Michel, Georges, Marina, Rudy et tous les autres, étaient les secrétaires ou dirigeants des organisations membres du MOC mais c’étaient avant tout de solides copains, copines, amis et amies.

Jean Marie, à travers toute son action au MOC BW, a surtout transmis des valeurs à nombre d’entre nous. Depuis ton départ, combien de fois n’avons-nous pas entendu : « il m’a marqué, il m’a beaucoup apporté, grâce à lui j’ai pu faire ceci, grâce à lui je suis devenu… »

Ce fut un grand honneur et un fameux cadeau que tu nous as offert de pouvoir vivre avec toi tous ces moments de militance.

Aujourd’hui, c’est à nous tous de reprendre le flambeau, de faire vivre ces valeurs de solidarité, de tolérance, de justice, d’égalité, de défense des plus faibles, qui ont été le sel de sa vie.

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